
Observatoire de l’eau
© Thomas Volpoet
Les marais tufeux, un concentré de biodiversité

XX marais sont d’ores et déjà recensés dans le Cœur du Parc national de forêts dont xx marais tufeux
Source : inventaire Parc national de forêts – 2025
Marais du Cônois © Parc national de forêts
Les marais tufeux sont des milieux emblématiques du Parc national de forêts identifiés en tant que cibles patrimoniales. A ce titre, l’établissement public a pour mission d’en assurer la conservation.
Alors qu’ils sont généralement localisés dans les régions montagneuses et calcaires du Jura et des Alpes, près d’une centaine de marais tufeux sont dénombrés dans le Cœur du Parc national de forêts, et probablement le double à l’échelle de l’Aire optimale d’adhésion.
Ce que dit la Charte
Objectif 1 – Mesure N°2
En Cœur, mieux connaître la biodiversité, les écosystèmes et suivre leur état de conservation
Objectif 5 – Mesure N°1
En Cœur, assurer la conservation des cibles patrimoniales dont les marais tufeux
Qu’est-ce qu’un marais tufeux ?
Les marais tufeux du plateau de Langres forment un des ensembles les plus importants et typiques de France. Ce sont des habitats fragiles caractérisés par un contexte hydrogéologique et biologique particulier : au niveau du plateau de Langres, l’eau de pluie s’infiltre dans le calcaire perméable et se charge en éléments de carbonate de calcium. Puis au niveau des marnes imperméables, l’eau affleure en sources et résurgences, ce qui donne lieu à une réaction chimique. Celle-ci s’opère, sous l’action de certaines mousses, et provoque la précipitation du calcaire qui était dissout dans l’eau pour former une roche appelée tuf.
Les marais du Cônois*, des Brosses et de Chalmessin comptent parmi les plus beaux spécimens de marais tufeux du territoire. Ils sont spécialement équipés pour l’accueil du public qui peut ainsi pénétrer dans l’intimité de ces espaces et observer les richesses extraordinaires qu’ils abritent.
*Espace Naturel Sensible du Conseil départemental de la Côte d’Or
Au niveau des sources pétrifiantes (c’est-à-dire là où le tuf se forme et se dépose), l’accumulation de matériau calcaire et biologique engendre la création de banquettes et de différents seuils concourant à la formation des cascades de tuf. Les stades les plus anciens composés de banquettes et de vasques donnent naissance à des formations caractéristiques et parfois monumentales que l’on appelle « tufière ».
Deux exemples de tufière remarquables sont visitables, la discrète tufière d’Amorey à Auberive et la monumentale tufière de Rolampont.









Ces milieux naturels diversifiés abritent des espèces remarquables. Ils constituent des habitats d’intérêt communautaire accueillant des espèces de flore remarquables et d’influence montagnarde, rares ou protégées dont le Sabot de Vénus. Ces marais abritent également une faune diversifiée.
Les marais tufeux sont réputés pour être des milieux anciens et relativement stables. Ils présenteraient une certaine résilience aux changements climatiques étant donné que les marais ont déjà connu des changements importants depuis les dernières glaciations. Actuellement, seuls ceux qui ont subi une modification profonde de leur régime hydraulique suite à une intervention humaine (drainage ou installation de captage d’eau potable au niveau des sources) connaissent une altération de leur fonctionnement. Avec l’envasement, les plantations et d’éventuels piétinements, ce sont les principales menaces à court terme qui pèsent sur les marais existants.
Ces milieux exceptionnels, fragiles et menacés, ont d’abord trouvé dans le réseau européen Natura 2000 un premier moyen de protection. Avec la création du Parc national de forêts le niveau de protection est à présent plus fort et leur conservation/restauration une priorité.
Les marais tufeux du territoire sont inclus dans des sites Natura 2000 gérés ou animés par le Parc national :
- 3 sites Natura 2000 “Marais tufeux du plateau de Langres”
- 1 site Natura 2000 “Marais tufeux du Châtillonnais “
- 1 site Natura 2000 “Milieux forestiers du Châtillonnais, marais tufeux et sites à Sabot de Vénus”.
Quelle connaissance avons-nous de ces milieux ?
Sur le territoire, les premiers Atlas des marais datent des années 90 (Chiffaut 1994 ; Didier et Royer 1996). Depuis, différentes études et inventaires ont été menés par des acteurs du territoire (CEN de Champagne-Ardenne, CEN de Bourgogne, EPAGE Sequana, ONF, CBN-BP, etc.) mais aucune synthèse globale n’a été conduite à l’échelle de l’ensemble des marais du plateau de Langres.
La connaissance actuelle des marais réside dans les suivis menés sur les sites en gestion conservatoire ou en sites Natura 2000. Cependant, la connaissance reste restreinte sur beaucoup de marais qui ont moins fait l’objet d’états des lieux écologiques ou de suivis naturalistes.
Un état des lieux des données existantes et un inventaire complémentaire des marais sont initiés depuis 2024 par les équipes du Parc national et ses partenaires – ONF, Conservatoires d’Espaces naturels de Champagne Ardenne et de Bourgogne, Conservatoire botanique national du bassin parisien – dans le cadre d’un appel à projet “Eau et biodiversité” de l’Agence de l’Eau Seine Normandie.
Localisation des marais du Parc national de forêts

Comment protéger et restaurer les marais qui le nécessitent ?
L’état des lieux complet des connaissances engagé par le Parc national de forêts permettra d’établir :
• un diagnostic spécifique de chaque marais, afin de définir son état général (bon, moyen ou dégradé, très dégradé) et les causes de dégradation éventuelles (problème de colonisation ligneuse, présence de drains, plantation de résineux, etc.) ;
• un programme d’actions concrètes pour suivre, conserver ou restaurer les marais en fonction de leur état (surveillance si le marais est en bon état, travaux de restauration légers ou de grande ampleur) et programme de travaux.
>> L’action du Parc national de forêts
Afin de mieux comprendre le fonctionnement hydraulique des marais, un travail va être mené en 2026 en partenariat avec l’Université de Bourgogne. Le but est d’identifier l’alimentation en eau des marais en s’appuyant sur la cartographie 3D du sol et du sursol produite par analyse des données LiDAR Haute Définition mise en œuvre par l’IGN.
Les sites des partenaires
- Les conservatoires : CEN Champagne-Ardenne ; CEN Bourgogne ; CBN du Bassin Parisien
- L’Agence de l’eau Seine Normandie
- L’ONF
- Le Conseil Départemental de la Côte d’Or et les ENS
Pour en savoir plus
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Votre contact au Parc national de forêts
Julie LAMBREY – Responsable de la cellule Biodiversité – 06 74 23 32 85 – julie.lambrey@forets-parcnational.fr