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Observatoire des forêts

Les forêts anciennes dans le Parc national de forêts

Le Parc national de forêts

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75% de forêts anciennes

75% des forêts actuelles sont des forêts anciennes et le reste sont des forêts récentes

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94 % de forêts feuillues

94 % des peuplements de forêts anciennes sont composés exclusivement de feuillus

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77% de forêts publiques

77 % des forêts anciennes du territoire sont publiques et à l’inverse, 79 % des forêts récentes sont privées.

Préserver les forêts anciennes

Définition

Une forêt ancienne est une forêt dont le sol est resté boisé de manière continue depuis au moins le milieu du XIXe siècle (autour de 1850). Bien qu’elle ait pu être exploitée entre-temps, elle n’a pas été transformée en champ, en prairie ou en zone bâtie depuis cette époque. 

Ainsi, l’ancienneté est indépendante de l’âge des arbres, de la composition en essences ou encore de la gestion passée ; ce qui compte c’est la continuité du couvert boisé d’un sol depuis au moins 1850 (date du minimum forestier). Différentes initiatives estiment que 30% des forêts métropolitaines seraient anciennes.

Ces notions sont souvent confondues, mais il est important de distinguer :

      • Forêt ancienne : forêt présente sans interruption depuis au moins le milieu du XIXe siècle.
      • Vieille forêt : forêt contenant de très vieux arbres et beaucoup de bois mort.
      • Forêt primaire : forêt jamais exploitée par l’homme.
      • Forêt en libre évolution : forêt laissée sans aucune intervention humaine depuis un certain temps.

Concepts et identification

- Une longue histoire forestière

Depuis le Néolithique, les forêts ont connu de grandes phases de déboisement et de reboisement, liées à l’évolution des sociétés humaines : agriculture, élevage, exploitation du bois, développement urbain. En France, la surface forestière a globalement diminué jusqu’au milieu du XIXᵉ siècle. À partir de cette période — marquée par l’industrialisation et l’abandon progressif de certaines terres agricoles — la surface forestière a rapidement augmenté.

Cette époque correspond au minimum forestier : la surface boisée n’avait jamais été aussi faible. Ce moment charnière sert aujourd’hui de référence pour distinguer :

      • les forêts anciennes, déjà présentes avant ce minimum,
      • les forêts récentes, installées après le milieu du XIXᵉ siècle, et
      • dans certains cas, des surfaces forestières qui ne sont plus présentes, et donc déboisées.
- Comment identifie-t-on une forêt ancienne ?

L’identification repose sur l’étude de la continuité historique du couvert forestier.

Les chercheurs croisent plusieurs sources : les cartes anciennes (notamment les cartes d’état-major), les cadastres historiques, les archives, ou encore les données forestières actuelles. 

En France, la référence la plus utilisée correspond aux cartes d’état-major réalisées entre 1818 et 1866. Si une parcelle était déjà boisée à cette époque et qu’elle l’est toujours sur les cartes forestières actuelles, elle est considérée comme forêt ancienne.

 

Des organismes, comme l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN), ont contribué à produire et mettre à disposition des données cartographiques des forêts anciennes à l’échelle nationale. 

Pourquoi préserver les forêts anciennes ?

Les recherches scientifiques montrent que la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes forestiers sont fortement influencés par leur histoire. L’ancienneté du couvert forestier — le temps pendant lequel un sol est resté boisé — joue donc un rôle déterminant.

- Des refuges pour la biodiversité

Les sols des forêts anciennes, restés boisés pendant des siècles, ont eu le temps de développer une structure riche et complexe. Ils abritent des micro-organismes spécifiques, des réseaux racinaires anciens et des équilibres biologiques installés de longue date. Ces conditions favorisent une biodiversité souvent plus spécialisée.

Les forêts anciennes peuvent ainsi abriter des espèces qui ont besoin de stabilité sur le long terme. Certaines plantes, bryophytes, lichens, insectes ou champignons possèdent des capacités de dispersion limitées. Elles colonisent difficilement les forêts récentes, surtout lorsque celles-ci sont éloignées d’un massif ancien. Les forêts récentes sont au contraire caractérisées par des espèces à forte capacité de colonisation. La reconstitution d’une flore typique de forêt ancienne après une période agricole est un processus long, qui peut nécessiter plusieurs siècles. Cette dynamique dépend fortement du paysage environnant ; par exemple plus les forêts anciennes sont proches et connectées, plus la recolonisation est possible. Par ailleurs, de nombreuses espèces associées aux forêts anciennes sont sensibles aux pratiques sylvicoles.

Les forêts anciennes, qui ont subsisté, constituent aujourd’hui des zones de biodiversité importantes. Préserver ces forêts, c’est garantir le maintien à long terme d’espèces spécialisées et parfois discrètes, mais essentielles au fonctionnement des écosystèmes forestiers.

- Une mémoire vivante du paysage

Les forêts anciennes racontent l’histoire du territoire. On y retrouve parfois les traces d’anciens usages forestiers, d’activités agro-pastorales, d’anciennes limites cadastrales, de chemins historiques ou d’anciens sites d’habitation. Elles constituent ainsi à la fois un patrimoine naturel et un patrimoine culturel.

Les usages passés des terres laissent une empreinte durable dans les sols. Les propriétés physiques, chimiques et biologiques peuvent être modifiées pendant des siècles. Cela peut influencer la composition de la végétation, la biodiversité forestière, ou encore le fonctionnement global de l’écosystème. Par exemple, d’anciennes pratiques agricoles ou pastorales ont souvent enrichi les sols en azote et en phosphore. Il en résulte une vitesse de croissance et une productivité plus élevée en forêt récente qu’en forêt ancienne. L’ancienneté du couvert forestier influence également les capacités de stockage de carbone dans les sols et la biomasse, un enjeu majeur dans le contexte actuel de changement climatique.

Les paysages forestiers conservent la mémoire de ces usages anciens à travers de nombreux indices visibles ou invisibles. Mieux connaître cette histoire permet de mieux comprendre la biodiversité actuelle, d’expliquer certaines différences entre massifs voisins, et d’adapter les pratiques de gestion. Comprendre le passé des forêts, c’est également mieux anticiper leur avenir.

Les forêts anciennes de notre territoire

La surface forestière du Parc national de forêts était déjà importante au milieu du XIXᵉ siècle. Depuis cette époque, elle a légèrement progressé, passant d’environ 42 % du territoire à 53 % aujourd’hui.

La surface forestière est passée de 100 561 ha (42 %) au milieu du XIXᵉ siècle à 128 207 ha (53 %) aujourd’hui.

Forêts du milieu du XIXe siècle aujourd’hui déboisées 4 028 ha (4% des forêts présentes au milieu du XIXe siècle)

Forêts anciennes 96 532 ha (75% des forêts actuelles)

Forêts récentes (non présentes au XIXe siècle) 31 675 ha (25% des forêts actuelles)

Cette évolution s’explique principalement par le maintien de la grande majorité des forêts présentes au XIXᵉ siècle. Seuls 4 % des forêts de l’époque ont été déboisés, et de nouveaux espaces forestiers se sont développés, notamment sous l’effet de la déprise agricole. Aujourd’hui, les forêts anciennes représentent près des trois quarts de la surface forestière actuelle, ce qui témoigne d’une continuité forestière exceptionnelle.

Le territoire du Parc national de forêts se distingue donc par un couvert forestier global élevé et un taux de forêts anciennes particulièrement important.

Cette combinaison fait du territoire un espace remarquable pour la conservation des écosystèmes forestiers et de leur biodiversité.

Proportion de surface forestière par type de peuplement

Répartition des essences au sein des forêts anciennes et récentes (en pourcentage de la surface).

Sur le territoire du Parc national de forêts, la forêt est naturellement dominée par des essences feuillues. Les peuplements résineux ont, pour la plupart, été introduits par plantation, principalement à la fin du XIXᵉ siècle puis entre les années 1950 et 1970.

Seul le pin sylvestre s’est largement naturalisé. Il se régénère localement et pourrait même être autochtone dans certains secteurs. On le voit notamment s’installer spontanément sur des terrains délaissés par l’agriculture, y compris d’anciens vignobles.

Aujourd’hui, 84,2 % des peuplements forestiers (anciens et récents confondus) sont dominés par une ou plusieurs essences feuillues, et seulement 9,4 % présentent un mélange de feuillus–résineux. Mais cette répartition varie fortement selon l’ancienneté des forêts. En forêts anciennes, 94 % des peuplements sont composés exclusivement de feuillus. En forêt récentes, seulement 56 % sont constituées de feuillus purs.

Les forêts anciennes conservent donc majoritairement leur caractère feuillu naturel. À l’inverse, les forêts récentes reflètent davantage les choix de plantations passées, notamment en résineux. Cette différence de composition peut influencer la structure des peuplements, les habitats disponibles, la biodiversité associée, et le fonctionnement écologique des forêts.

Sur le territoire du Parc national de forêts, les forêts publiques représentent 63 % de la surface forestière du périmètre d’étude. L’ancienneté des forêts varie fortement selon leur statut de propriété.

    • 77 % des forêts anciennes du territoire sont publiques.
    • À l’inverse, 79 % des forêts récentes sont privées.

Ces chiffres illustrent combien l’histoire foncière et les dynamiques agricoles ont façonné le paysage forestier actuel.

Répartition des forêts

Des forêts anciennes plus présentes en forêts publiques qu’en forêts privées.

Dans les forêts domaniales, le taux d’ancienneté atteint 97 %. Ce chiffre très élevé s’explique par un héritage historique important (anciennes forêts ducales, royales, seigneuriales ou monastiques), et une forte continuité du couvert forestier au fil des siècles. Les rares forêts récentes en domaine public correspondent généralement à d’anciennes emprises agricoles ou à des fermes abandonnées au cœur des massifs.

Les forêts communales présentent elles aussi une forte proportion de forêts anciennes (89%). Elles partagent souvent une histoire similaire aux forêts domaniales, mais ont parfois connu d’autres usages, comme le pâturage, qui ont pu localement ouvrir les milieux. Le taux d’ancienneté y est donc légèrement plus faible que dans les forêts domaniales.

Dans les forêts privées, le taux d’ancienneté est proche de 50 %. La situation y est plus contrastée, car si les grandes propriétés abritent généralement des forêts anciennes, la micropropriété, quant à elle, est majoritairement constituée de forêts récentes, issues de la déprise agricole.

Source de données

Les données sur le territoire du Parc national de forêts ont été déterminées à partir des couches géographiques des forêts fournies par l’IGN (BD TOPO, BD CARTO État-major) et l’ONF.

Périmètre de l'observatoire des forêts

Un parc national est composé de deux parties : le Cœur réglementé et le territoire de projet, appelé aire d’adhésion. Le territoire hors cœur des communes non adhérentes ne figure pas dans le Parc national. Toutefois, comme les communes non adhérentes peuvent choisir d’adhérer progressivement, il a été retenu pour le présent observatoire de distinguer seulement (1) le Cœur réglementé et (2) l’aire optimale d’adhésion (AOA) couvrant le territoire de 127 communes. Ce choix permet de suivre des dynamiques de long terme à l’échelle de l’ensemble du territoire. Le périmètre géographique de mesure des indicateurs de l’observatoire restera stable dans la durée.

Bibliographie et ressources utiles

Ressources institutionnelles

Ressources proposées par des organismes publics, institutionnels ou de référence permettant d’apporter un cadre général, réglementaire ou scientifique à cette thématique.

Documents et référentiels techniques

Rapports, études, référentiels et publications techniques permettant d’approfondir les connaissances et d’accéder aux documents de référence liés à cette thématique.

Les indicateurs de forêts anciennes – IGN

Document méthodologique présentant les critères et indicateurs utilisés pour caractériser les forêts anciennes.

inventaire-forestier.ign.fr

Définition des forêts anciennes – IGN

Présentation des définitions et des approches retenues par l’IGN pour l’identification des forêts anciennes.

inventaire-forestier.ign.fr

Enjeux autour des forêts anciennes

Analyse des enjeux scientifiques, écologiques et territoriaux associés aux forêts anciennes en France.

gip-ecofor.org

Les forêts anciennes – dossier scientifique

Dossier consacré à l’histoire, à la biodiversité et aux enjeux de conservation des forêts anciennes.

parcsnationaux.fr

Forêts anciennes – document de synthèse

Publication pédagogique et scientifique présentant les principales caractéristiques des forêts anciennes.

parcsnationaux.fr

Forêts anciennes et biodiversité forestière

Plaquette technique consacrée aux liens entre ancienneté forestière et diversité biologique.

cnpf.fr

Les forêts anciennes : enjeux et connaissances

Article scientifique présentant l’état des connaissances sur les forêts anciennes et leur fonctionnement écologique.

revueforestierefrancaise.agroparistech.fr

Forêts anciennes et biodiversité

Analyse scientifique des relations entre ancienneté forestière, habitats et biodiversité associée.

revueforestierefrancaise.agroparistech.fr

Les forêts anciennes du Massif central

Rapport technique consacré à l’identification et à la cartographie des forêts anciennes du Massif central.

obv-na.fr

Forêts anciennes et naturalité forestière

Document d’analyse consacré à la naturalité forestière et aux continuités écologiques des vieux massifs boisés.

agroparistech.fr

Données et outils

Bases de données, observatoires, indicateurs et outils permettant de suivre les évolutions, d’explorer les données disponibles et d’éclairer les analyses sur cette thématique.

Pour aller plus loin

Sélection d’articles, podcasts, guides et contenus pédagogiques permettant d’explorer cette thématique sous différents angles et d’en approfondir les enjeux.